Le point de départ est une base de données. La suite passe par la mise en page, les images, la photogravure, les équipes et les moteurs de production. Au fil des années, Patrice Salib prend en charge des ensembles de plus en plus larges, sans perdre le lien avec les opérations qui les font fonctionner.
Les données comme point de départ
L’histoire commence en 1994, avec FileMaker et les premières applications de gestion. Il s’agit déjà d’organiser des informations pour qu’elles deviennent utiles à une activité : une donnée à retrouver, une relation entre deux fiches, une règle à traduire dans un outil.
Cette première pratique du développement donne un fil conducteur au parcours de Patrice Salib. Une application prend sa valeur dans le travail qu’elle permet d’accomplir. La base de données, l’écran et les traitements doivent répondre à une situation concrète. Cette relation entre informatique et métier se retrouvera dans les plateformes éditoriales, puis dans les projets Dtouch.
Entrer chez Reymann par la fabrication des pages
Patrice rejoint Reymann le 2 mars 1998 comme graphiste. Son expérience en agence se construit donc au contact des documents et de ceux qui les produisent. Mise en page, images et préparation des fichiers donnent une connaissance directe des contraintes de la chaîne graphique.
Très tôt, son travail comprend la mise en place de la gestion des fichiers sur serveur. Derrière une page, il faut déjà organiser les ressources, leur circulation et leur disponibilité pour l’équipe. Le passage du document individuel à une production partagée ouvre progressivement son champ d’intervention.
Les productions de l’agence concernent notamment Cora, Neckermann, Norma et Éléphant Bleu. Au fil des années s’ajoutent d’autres contextes, dont Ludendo / La Grande Récré et Starjouet, Match, Mr. Bricolage, Migros et E.Leclerc Portugal. Les interventions associent les équipes de Reymann et leurs partenaires, selon les besoins de chaque dossier.
Merci, Jean.
Jean est celui qui m’a embauché chez Reymann et qui m’a fait confiance. Au fil de ces vingt-cinq années, il a su me comprendre et me motiver, alors que mon parcours me menait du graphisme au développement et à la coordination des équipes.
Cette confiance a beaucoup compté dans mon envie d’apprendre, de chercher et de faire avancer les projets. Derrière les outils et les réalisations présentés ici, il y a aussi cette dimension humaine. Je tiens à remercier Jean pour la place qu’il a eue dans mon parcours et pour le soutien qu’il m’a apporté pendant toutes ces années.
Patrice Salib
Passer du poste de travail au flux de production
À partir de 2000, Patrice devient chef de projet. La responsabilité s’élargit aux budgets, aux achats d’infrastructure et de logiciels, aux investissements techniques et à la mise en place de la photothèque. Les choix informatiques rejoignent l’organisation du travail et les moyens nécessaires pour produire.
En 2002, il met en place un flux TIFF/IT. Le développement du flux de production se poursuit en 2003, avant son déploiement en 2004. En 2005, la gestion automatisée de la photothèque rejoint cette chaîne. L’image devient une ressource à identifier, préparer et suivre jusqu’à sa place dans le document.
Le parcours comprend aussi la reprise de l’équipe de saisie des données en 2004, puis de l’équipe de photogravure en 2006, ainsi que la réorganisation de l’équipe digitale en 2006–2007. En 2007, le suivi des temps de présence et de production est intégré au flux. Une démonstration de l’outil 4D en novembre 2009 présente les vues Planning, Production, Présence et Temps de base. Les outils, les équipes et le planning sont désormais étroitement liés.

Faire circuler les images, la couleur et le travail
En 2008, une nouvelle étape associe l’organisation du détourage offshore et la migration des flux imprimeurs vers Dalim, avec l’intégration de la gestion des profils ICC. Il faut tenir ensemble la qualité des fichiers, les paramètres couleur et les échanges avec les intervenants de production.
Le détourage s’organise sur quatre pôles en 2010. La même année, des travaux de mise en page sont confiés à des équipes au Maroc. La coordination comprend la recherche et la formation des équipes, la préparation des éléments et le suivi des retours. L’équipe de saisie évolue parallèlement vers une fonction de gestion des données.
L’offshore demande une organisation précise : visuels à envoyer, documents InDesign, ressources associées, files d’attente et échéances. Les retours avec réplication des fichiers — byte replication — doivent retrouver leur place dans la production. Le planning, les versions et les contrôles permettent de relier le transfert technique au travail réellement accompli.
Donner une plateforme commune à la production
Le projet de plateforme collaborative commence en 2010. Il associe migration de l’infrastructure, intégration de deux développeurs et coordination d’indépendants spécialisés. En 2011, Patrice prend aussi en charge la réorganisation de la division digitale. Le développement devient une affaire de coordination entre plusieurs compétences et plusieurs métiers.
La plateforme Rey’actif relie progressivement les données produits, la photothèque, les documents, les étapes de préparation et la consultation client. Le PIM, les bases 4D puis PostgreSQL, InDesign Server, les applications de bureau et les services web composent un environnement dont il faut comprendre les articulations.
Patrice pilote en 2014 un projet de refonte de la plateforme collaborative vers Node.js et AngularJS. En 2018, un autre chantier concerne l’évolution de la partie moteur depuis 4D vers ces nouvelles technologies. Son rôle associe conduite de projet, intégration et dialogue avec les développeurs et la production.
L’expérience porte aussi sur les composants moins visibles : gestionnaires de tâches, traitements d’images, événements WebSocket, génération et assemblage PDF, recherche et indexation. Une action dans l’interface peut dépendre de plusieurs de ces services. Les faire travailler ensemble constitue une part essentielle du métier.

Maîtriser ce qui fait la fidélité d’une page
Une page repose sur des détails qui ont des conséquences concrètes : une image haute définition disponible, un tracé conservé, une fonte correctement chargée, un profil couleur adapté à la sortie. La compréhension des formats et des logiciels permet de remonter à l’origine des écarts.
Le parcours Reymann comprend notamment un travail de rétro-ingénierie autour d’Universal Type Server pour fournir les typographies à InDesign Server. Il relie la typothèque au moteur de génération, avec les essais et les contrôles nécessaires pour préserver la mise en page.
Cette exigence s’inscrit dans une gestion d’édition et de préparation d’impression à plusieurs millions d’exemplaires, en héliogravure et en offset rotatif. Profils ICC, séparations par couche de couleur, épreuvage et impression sur calque rejoignent les contraintes de fabrication. Le fichier doit être compris jusque dans sa destination finale.

Explorer ses quatre séparations couleur ↗
Transmettre les pratiques avec les équipes
Au fil de ses 25 années chez Reymann, Patrice associe les responsabilités techniques au management, à la planification et à l’accompagnement des équipes. La société compte plus de 100 personnes : le fonctionnement de la chaîne repose sur la coopération entre les métiers et les partenaires.
Il assure aussi de la formation aux profils ICC avec les équipes et collègues de Reymann. Une journée sur site en 2014 aborde les procédés d’impression, les profils, le calibrage écran, les espaces RVB et CMJN ainsi que les réglages Adobe et Acrobat.
La transmission donne un prolongement pratique au développement. Les personnes qui utilisent les outils doivent pouvoir comprendre les réglages, identifier un problème et savoir à quelle étape intervenir. Le même besoin se retrouve dans la formation et l’accompagnement des équipes offshore.
Entreprendre avec Dtouch, élargir le terrain avec Alltech
Dtouch est créée en 2015, dans le prolongement d’une activité indépendante. Cette étape intervient pendant le parcours chez Reymann et donne un cadre propre aux projets de développement, d’intégration et d’accompagnement.
En 2018, le rachat d’Alltech élargit encore le terrain d’intervention. Les problématiques d’infrastructure, de services et d’organisation des entreprises rejoignent l’expérience des outils de production. Le lien entre logiciel et usage se prolonge dans d’autres secteurs.
Les projets Dtouch portent aujourd’hui sur les applications métier, Dolibarr, le commerce en ligne et les échanges entre systèmes. Planning, interventions, données fournisseurs, documents et gestion commerciale offrent d’autres occasions de mettre cette expérience au service du travail quotidien.

Garder une vue d’ensemble et le sens du détail
Des premières bases FileMaker aux plateformes de production, le parcours a traversé les applications de PAO, les serveurs, les réseaux, les bases de données et le web. Il réunit le regard du graphiste, la pratique du développement et les responsabilités de conduite de projet et de direction informatique.
Pour un client, cette expérience permet d’aborder un besoin dans son contexte : les personnes concernées, les données à conserver, les logiciels à raccorder et les contraintes de mise en service. Un projet peut commencer par un écran ou un document ; son bon fonctionnement dépend souvent de toute la chaîne qui l’entoure.
Basé à Ostwald, en Alsace, Patrice Salib travaille en français et en allemand. Avec Dtouch, il accompagne les entreprises dans la création, la reprise et l’évolution de leurs outils, de la compréhension du besoin à leur utilisation en production.

